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Actualités nationales et internationales
La voiture électrique réveille les marchés des métaux

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Même le cours du cuivre, un marché pourtant plus vaste et plus stable, a gagné 28 % depuis début janvier : il est soutenu par la reprise économique mondiale mais aussi par le succès prévisible de la voiture électrique qui exige trois fois plus de ce métal qu’une voiture classique.

De 200 000 tonnes cette année, la quantité de cuivre nécessaire aux véhicules propres pourrait atteindre 2 millions de tonnes en 2027, « 10 % de la production totale actuelle » relève Arnaud du Plessis, gérant actions thématiques, spécialiste des ressources naturelles chez CPR AM.

Certains observateurs voient même plus loin. Si toutes les voitures en circulation étaient électriques, la production de cobalt devrait augmenter de 1 980 % pour satisfaire les besoins, a chiffré une étude récente d’UBS, et celle de lithium de 2 980 %. « Le cobalt, surtout, est un sujet sensible, car 60 % de la production est concentrée dans une zone d’approvisionnement risquée, la République démocratique du Congo », souligne Arnaud du Plessis, plus sceptique sur le sort du lithium, dont les réserves dans le monde sont très importantes. Mieux, la hausse

des cours a incité les groupes miniers à investir pour explorer de nouveaux gisements. La production, de 200 000 tonnes aujourd’hui, devrait atteindre, selon Citi, 500 000 tonnes en 2021.

 

De nouvelles capacités de production

« La demande a pris un peu d’avance sur l’offre, mais de nouvelles capacités de production vont arriver sur le marché », assure le gérant de CPR AM. Assez pour éviter la pénurie ? « Tout dépendra du rythme auquel la voiture électrique sera adoptée », résume Simon Lovat, analyste spécialiste des ressources naturelles chez Carmignac. Mais certains matériaux irremplaçables aujourd’hui pourraient aussi, avec les progrès de la recherche, avoir des concurrents inattendus. Le nickel, plus facile à trouver, pourrait remplacer le cobalt dans les batteries, la silicone rivaliser avec le graphite, etc.

En attendant, les grands groupes miniers se frottent les mains. Glencore, par exemple, le plus important producteur de cobalt au monde, « devrait, grâce à la hausse des cours, voir ses profits bondir de 1,3 million de dollars l’an dernier à plus de 5 milliards cette année », indique Simon Lovat. Une bouffée d’air pour ce groupe laminé en 2015. En Bourse, son titre a gagné plus de 40 % depuis janvier, « mais sa valorisation reste peu élevée par rapport à son histoire », ajoute l’analyse. Comme si les marchés ne voulaient pas croire que cette flambée des cours puisse être durable.

 

Un article d’ ANNE BODESCOT – Le Figaro du 17 octobre 2017

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